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← Blogue / 10 mai 2026 · 7 min de lecture

Vacances et congés annuels : ce que votre convention peut ajouter à la LNT

La loi vous garantit 2 semaines payées après un an, 3 après cinq ans. Votre convention peut prévoir nettement plus — et la différence se compte en semaines, pas en jours. Voici comment lire vos droits.

Pour beaucoup de Québécois·es, les vacances annuelles sont le moment de l'année où on récupère, où on retrouve sa famille, où on souffle. C'est aussi le moment où la convention collective se transforme en argent et en temps libre concrets.

Voici comment décoder ce à quoi vous avez droit — au-delà du plancher légal.

Le plancher : la LNT

La Loi sur les normes du travail prévoit le minimum suivant (articles 67 à 76) :

Ancienneté au 30 avril Durée du congé Indemnité
Moins d'un an 1 jour par mois travaillé (max 2 semaines) 4 % du salaire brut gagné
1 à 3 ans révolus 2 semaines continues 4 %
3 ans révolus et plus 3 semaines (dont 2 continues) 6 %

Quelques précisions :

  • L'année de référence court du 1er mai au 30 avril (sauf disposition contraire).
  • L'indemnité se calcule sur le salaire brut gagné pendant l'année de référence, primes incluses (sauf pourboires, certaines exceptions).
  • Le congé doit être pris dans les 12 mois suivant l'année de référence, et l'employeur doit fixer la date au moins 4 semaines à l'avance.

C'est le minimum. Votre convention peut faire beaucoup mieux.

Ce que votre convention peut prévoir

1. Plus de semaines, plus vite

La progression LNT (2 semaines après 1 an, 3 après 5 ans) est très conservatrice. Les conventions typiques prévoient :

  • 3 semaines dès la première année (parfois au prorata) ;
  • 4 semaines après 5 à 10 ans d'ancienneté ;
  • 5 semaines après 15 à 20 ans ;
  • 6 ou 7 semaines pour les très longues anciennetés, parfois avec des jours bonifiés (« semaine cadeau » à 25 ans, à 30 ans).

2. Une indemnité plus généreuse

La LNT prévoit 4 ou 6 % du salaire brut. Plusieurs conventions paient à 8 %, 10 %, 12 % selon l'ancienneté, ou prévoient un calcul à taux régulier (salaire de la semaine de vacance comme si vous étiez au travail), ce qui est souvent plus avantageux qu'un pourcentage.

3. Un droit de choisir vos semaines

La LNT laisse à l'employeur le choix de la date. La plupart des conventions prévoient :

  • une période d'affichage au cours de laquelle les salarié·e·s choisissent par ordre d'ancienneté ;
  • une règle de priorité en cas de conflit (le plus ancien choisit en premier) ;
  • une garantie de continuité (par exemple, vous ne pouvez pas être obligé·e à fractionner vos vacances en moins de 2 semaines).

4. Le report et la conversion

La LNT permet le report (avec accord de l'employeur) et le paiement des vacances non prises en cas de fin d'emploi. Votre convention peut prévoir :

  • un report automatique de jours non utilisés (avec ou sans plafond) ;
  • la conversion en argent d'une partie des vacances ;
  • des règles spécifiques pour les vacances perdues en raison d'un congé de maladie ou d'un congé parental.

5. Les vacances pendant un congé

C'est un point crucial : si vous êtes en congé de maladie, invalidité, maternité/parental, votre convention peut prévoir que les vacances :

  • continuent à s'accumuler (totalement ou partiellement) ;
  • soient reportées à votre retour ;
  • soient payées au moment du retour si elles ne peuvent pas être prises.

La LNT ne prévoit pas tout cela — c'est presque toujours la convention qui détermine vos droits sur ces situations.

Les jours fériés (souvent confondus avec les vacances)

À ne pas confondre avec les vacances annuelles : les jours fériés sont régis séparément.

La LNT (art. 60 et suivants) prévoit 8 jours fériés payés au Québec :

  • 1er janvier (Jour de l'An)
  • Vendredi saint OU lundi de Pâques (au choix de l'employeur)
  • Lundi qui précède le 25 mai (Journée nationale des patriotes)
  • 24 juin (Fête nationale du Québec — loi spécifique)
  • 1er juillet (Fête du Canada)
  • Premier lundi de septembre (Fête du Travail)
  • Deuxième lundi d'octobre (Action de grâce)
  • 25 décembre (Noël)

Votre convention peut ajouter des jours (le 24 décembre, le 31 décembre, le Vendredi saint et le lundi de Pâques, des jours mobiles, etc.) et préciser la rémunération d'un jour férié travaillé (souvent 200 % + congé compensatoire).

Les congés sociaux

C'est l'autre grande catégorie. La LNT prévoit (art. 79.7 et suivants) :

  • 2 jours payés par année pour maladie ou obligations familiales ;
  • 2 jours payés lors d'un décès dans la famille immédiate ;
  • Jusqu'à 26 semaines non payées par année pour maladie ou accident (avec maintien du lien d'emploi) ;
  • Des congés non payés pour mariage, naissance, adoption.

Votre convention peut transformer ces minimums en :

  • 5 à 12 jours payés pour maladie chaque année (banque cumulable ou non) ;
  • Congés rémunérés pour mariage, naissance, déménagement ;
  • Congés payés étendus pour décès (5 à 7 jours pour parent immédiat, 1 à 3 jours pour membre élargi de la famille) ;
  • Régime d'assurance salaire prenant le relais après quelques jours d'absence.

Les pièges à éviter

1. Ne pas demander à temps

La période d'affichage est en général stricte. Manquer la date, c'est se retrouver avec les semaines que personne d'autre n'a choisies.

2. Confondre « droit à 4 semaines » et « 4 semaines disponibles »

Vous avez peut-être droit à 4 semaines, mais selon votre convention, vous ne pouvez peut-être en prendre que 3 semaines continues ou seulement durant la période estivale. Lisez les conditions.

3. Oublier l'année de référence

Vos vacances de 2026 (à prendre en 2026-2027) se calculent sur ce que vous avez gagné du 1er mai 2025 au 30 avril 2026. Si vous étiez en congé sans solde une partie de cette période, votre indemnité sera moindre (sauf si la convention prévoit autrement).

4. Présumer que les fériés sont payés

Un jour férié est payé seulement si vous remplissez les conditions : avoir un certain nombre de jours d'ancienneté, ne pas être absent·e sans motif la veille ou le lendemain… Lisez l'article qui en parle.

Comment savoir ce qui s'applique à vous

Allez dans votre convention chercher les articles :

  • « Vacances annuelles » (le titre varie : « congés annuels », « vacances », « congés payés annuels ») ;
  • « Jours fériés » ;
  • « Congés sociaux » ou « Congés spéciaux » ;
  • « Congé de maladie » ;
  • Toute annexe sur la conversion ou la rémunération des vacances.

Ensuite, posez-vous trois questions concrètes :

  1. Combien de semaines ai-je droit cette année compte tenu de mon ancienneté ?
  2. Comment et quand dois-je les demander pour avoir mon premier choix ?
  3. Que se passe-t-il si je tombe malade pendant mes vacances, ou si je dois interrompre ?

Si vous n'arrivez pas à répondre à partir du texte seul, c'est exactement le genre de question pour laquelle Konvention a été conçu : poser la question en français clair sur votre convention et obtenir la réponse avec l'article exact en référence.

Le mot de la fin

Les vacances ne sont pas une faveur de l'employeur. Ce sont un droit, payé, négocié. Et dans une convention collective bien faite, ce droit est nettement plus généreux que ce que la loi impose.

Le réflexe à prendre : ne pas se contenter de ce qu'on vous a dit verbalement. Allez vérifier le texte. Vous y trouverez souvent des semaines, des indemnités, des protections que personne ne vous a mentionnées explicitement.

Ce sont les vôtres. Servez-vous-en.

Par Konvention #vacances #conges #lnt
→ Et chez vous ?

Cette réponse dépend de votre convention.

Posez la question sur la vôtre. Konvention lit votre convention collective et vous répond en français clair, avec l'article exact.

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